He apologises that his letter is difficult to read, and has written two more detailed letters to his father. He is leaving for Athens at night, everything is ready.
Ma bien aimée Mère, Si vous ne pouvez point lire le billet que je m’en vais vous écrire, c’est que j’écris sans lumière, et que c’est un peu difficile d’écrire dans l’obscurité. Vous m’excusez sans doute, car vous avez acquit l’habitude de me pardonner toutes les inattentions dont je me suis rendu coupable envers – vous. – Ah, si je pouvois réparer les torts que j’ai eu, ah ce serait charmant, et je commencerais bien autrement, je vous en réponds, mais comme il n’y a plus à penser à cela, parceque je suis vieux et fatigué, prenons les choses comme elles sont, c’est le parti le plus sage à mon avis, et tâchez un peu d’oublier toutes mes mauvaises qualités, et de pensez à tout ce qui n’est pas tout à fait mauvais en moi. ‒ Je n’ai pas besoin de vous dire que ce soit la seul maniere, de ne pas être mon enemie,[1] parce que vous ne le savez que trop bien c’est au moins ainsi que je juge d’après la plus aimable lettre que vous venez de m’ecrire, et que j’ai eue, le 15 de ce mois. ‒ On n’est pas meilleur que vous et mon excellent père – et personne de plus embarassé peut étre que moi vis – á vis de tant de bonté, de tant d’indulgence! Ah je vous assure que cette une mauvaise position pour les ingrats —
J’ai écris deux lettres dans la journée à mon père,[a] elles sont un peu plus détaillées, mais peut être encore plus confuses, que je suis après à écrire. Je pars cette nuit pour Athènes dans un Brig charmant, nous avons un tems favorable, un vent un peu frais — toutes nos bagages sont déjà à bord, je suis le seul qui manque et je profite de la bonté de Mr de Bertrand,[b] qui est notre consul general à Smyrne, et qui me donne papier et encre, pour que je me rappelle au souvenir de la plus bonne, et de la plus aimable des mères, et pour que je lui témoigne ma reconnaissance pour toutes ses amitiés, et surtout pour celle de m’avoir écrit ‒ C’est la même famille Bertrand, qui m’a vraiment accablé de bonté, pendant tout mon séjour de Smyrne. Vous ne sauriez croire que c’est heureux de trouver des bons gens dans les pays éloignés.
Il faut malgré moi que je finisse, mon départ s’est tellement précipité, que je n’ai eu tems absolument à rien. – Je vous réitérerai mes remerciments d’Athènes, si vous me le permetterez pensez en attandant quelque fois à votre fils
Etienne
Smyrna[c] le 21 decembre 1818
[1] Széchenyi’s underlining with straight line.
[a] See the two letters written to Ferenc Széchényi on 21 December 1818.
[b] M. A. Bertrand the Consul General in Smyrna.
[c] The former name of the Turkish city of Izmir.
Recommended reference:
István Széchenyi to Countess Ferenc Széchényi, 21 December 1818. Edited and annotated by Szilvia Czinege. Published in Correspondence of István Széchenyi. Digital edition. Edited by Szilvia Czinege and Zoltán Fónagy. https://szechenyilevelezes.abtk.hu/ Abbreviation for further references: SzIL-Digit.